Huiles essentielles

Les utilisations des substances odorantes des plantes sont connues depuis l’Antiquité. Les premiers textes relatant l’utilisation d’huiles fines et de parfums sont des papyrus hiéroglyphes égyptiens datant de plus de 2 800 ans. Le papyrus Ebers en Égypte ainsi que les récits d’Hérodote, de Pline et des médecins Dioscoride et Galien montrent que les Égyptiens utilisaient les huiles extraites des plantes, les parfums et les essences de plusieurs plantes aromatiques, auxquels ils recouraient pour la pharmacologie et l’embaumement. Ils connaissaient trois méthodes pour extraire les huiles essentielles, la macération, l’enfleurage et une forme archaïque de distillation.

Les civilisations chinoises et indiennes employaient également les huiles essentielles pour les soins thérapeutiques et cosmétiques: l’empereur Chen Ning rédigea un traité de phytothérapie, et l’on sait qu’en Inde, la médecine ayurvédique et les livres sacrés des Védas connaissaient plus de sept cents épices (basilic, cannelle, nard, myrrhe, santal, entre autres) et on utilisait les parfums à des fins liturgiques et thérapeutiques.

 

Plus généralement la phytothérapie, l’utilisation de substances issues des plantes dans la médecine, est connue de toutes les civilisations. La naissance de l’aromathérapie moderne est due au chimiste René Maurice Gattefossé, dans les années 1920.

Le terme «huile essentielle» est défini à la fois par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) pour les usages pharmaceutiques et cosmétiques et par l’AFNOR/ISO pour les usages aromatiques et alimentaires.

L’ANSM définit les huiles essentielles comme suit:

«Produit odorant, généralement de composition complexe, obtenu à partir d’une matière première végétale botaniquement définie, soit par entraînement par la vapeur d’eau, soit par distillation sèche, ou par un procédé mécanique approprié sans chauffage. L’huile essentielle est le plus souvent séparée de la phase aqueuse par un procédé physique n’entraînant pas de changement significatif de sa composition.»

On appelle huile essentielle, ou parfois essence végétale (du latin essentia, «nature d’une chose»), le liquide concentré et hydrophobe des composés aromatiques (odoriférants) volatiles d’une plante. Il est obtenu par extraction mécanique, entraînement à la vapeur d’eau ou distillation à sec.

D’autres extraits végétaux sont obtenus par extraction avec des solvants non aqueux volatiles (hexane, éther…) tandis qu’un nouveau procédé d’extraction s’est développé récemment: l’extraction au CO2 supercritique. Dans tous ces cas, il ne s’agit alors plus d’huiles essentielles, terme réservé aux produits de la distillation aqueuse, à sec ou de l’expression à froid, mais d’extraits végétaux qui portent différents noms selon les procédés successifs qui leur sont appliqués: concrètes, absolues, résinoïdes, oléorésines, etc.

Enfin, l’extraction sans distillation par de l’alcool, de l’eau liquide ou un mélange des deux, porte différents noms selon les méthodes pratiquées: tisane, macération, décoction, extrait hydro-alcoolique, teinture, etc.

L’ensemble est regroupé sous le terme générique «extraits naturels complexes» (natural complex substances ou NCS en anglais).

 

Chez Aroma, les huiles essentielles sont obtenues par distillation et entraînement par la vapeur d’eau (sauf les huiles essentielles des Hespérides: citron, orange, bergamote, etc.). Ce procédé est de loin le plus répandu, car il convient à la majorité des plantes. Comme les huiles essentielles sont insolubles dans l’eau (ce sont des huiles) mais solubles dans la vapeur, lorsqu’on envoie de la vapeur sur la plante, elle se charge au passage des huiles. Dans un appareil spécial, la vapeur d’eau ainsi lestée de ces essences est envoyée dans un compartiment pour y refroidir. Là, la vapeur redevient donc liquide et les huiles s’en désolidarisent (elles flottent à la surface). On les récupère alors par décantation. Le temps complet de distillation doit être respecté pour l’obtention de l’huile essentielle de bonne qualité qui dévoilera «toute son activité». La (parfois très) faible quantité d’HE contenue dans les plantes explique le coût élevé des huiles essentielles, il est lié à la rareté et non au procédé d’extraction qui reste le même pour la plupart des plantes. Il faut parfois plusieurs tonnes de plantes pour obtenir un kilogramme d’huile essentielle.

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